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Épilepsie de l'adulte

Prise en charge
Mise à jour : 19 Octobre 2021
Prise en charge
Épilepsie de l'adulte
Épilepsie de l'adulte
1
Information et éducation du patient
L'annonce détaille le diagnostic et ses conséquences, la place du traitement, la législation (permis de conduire) et tient compte des situations particulières (ex : femme en âge de procréer).
Le traitement nécessite une observance rigoureuse, et l'adhésion implique un accord éclairé du patient.
Abstinence d'alcool et respect d'une durée de sommeil satisfaisante sont préconisés.
2
Diagnostic étiologique
En fonction du contexte et du diagnostic syndromique pourront être réalisés : une enquête génétique, la recherche d'une maladie de surcharge ou mitochondriale, un bilan immunologique (anticorps anti-neuropiles et connectivites), un bilan infectieux ou la recherche d'une maladie dégénérative. L'IRM cérébrale décèle les causes structurelles (AVC, tumeurs).
3
Monothérapie de 1re intention
Elle permet le contrôle de l'épilepsie chez 70 % des patients. Il est recommandé de débuter par des doses faibles et de les augmenter progressivement par paliers de 7 à 15 jours jusqu'à la dose efficace la mieux tolérée. Le choix de la molécule est personnalisé et dépend du syndrome, de l'âge, du genre, de la cause et des comorbidités.
4
Bithérapie
Proposée après échec de 2 monothérapies successives.
Épilepsies généralisées : l'association valproate de sodium + lamotrigine est utile dans les épilepsies généralisées avec troubles de l'apprentissageAE (épilepsie avec déficience intellectuelle associée), mais elle nécessite des modalités de prescription spécifiques et un avis spécialisé. En cas d'épilepsie généralisée résistante au traitement classique avec crises généralisées tonicocloniques, pérampanel ou brivaracétam peuvent être associés à d'autres antiépileptiques.
Épilepsies focales : topiramate, tiagabine, prégabaline, perampanel, brivaracétam peuvent être associés aux molécules de 1re intention des épilepsies focales. Le rufinamide n'est indiqué en association que dans le syndrome de Lennox-Gastaut. Le felbamate est réservé aux spécialistes (toxicité médullaire et hépatique). La poursuite du stiripentol prescrit dans les syndromes de Dravet est possible à l'âge adulte.
5
Pharmacorésistance
Chez 20 à 30 % des patients épileptiques, les crises persistent malgré un traitement adapté à doses suffisantes. La pharmacorésistance est définie par l'échec de 2 molécules prescrites de manière séquentielle ou en association.
Exploration préchirurgicale proposée en cas d'épilepsie focale en lien avec un foyer épileptogène supposé unique.
1
Information et éducation du patient
L'annonce détaille le diagnostic et ses conséquences, la place du traitement, la législation (permis de conduire) et tient compte des situations particulières (ex : femme en âge de procréer).
Le traitement nécessite une observance rigoureuse, et l'adhésion implique un accord éclairé du patient.
Abstinence d'alcool et respect d'une durée de sommeil satisfaisante sont préconisés.
2
Diagnostic étiologique
En fonction du contexte et du diagnostic syndromique pourront être réalisés : une enquête génétique, la recherche d'une maladie de surcharge ou mitochondriale, un bilan immunologique (anticorps anti-neuropiles et connectivites), un bilan infectieux ou la recherche d'une maladie dégénérative. L'IRM cérébrale décèle les causes structurelles (AVC, tumeurs).
3
Monothérapie de 1re intention
Elle permet le contrôle de l'épilepsie chez 70 % des patients. Il est recommandé de débuter par des doses faibles et de les augmenter progressivement par paliers de 7 à 15 jours jusqu'à la dose efficace la mieux tolérée. Le choix de la molécule est personnalisé et dépend du syndrome, de l'âge, du genre, de la cause et des comorbidités.
4
Bithérapie
Proposée après échec de 2 monothérapies successives.
Épilepsies généralisées : l'association valproate de sodium + lamotrigine est utile dans les épilepsies généralisées avec troubles de l'apprentissageAE (épilepsie avec déficience intellectuelle associée), mais elle nécessite des modalités de prescription spécifiques et un avis spécialisé. En cas d'épilepsie généralisée résistante au traitement classique avec crises généralisées tonicocloniques, pérampanel ou brivaracétam peuvent être associés à d'autres antiépileptiques.
Épilepsies focales : topiramate, tiagabine, prégabaline, perampanel, brivaracétam peuvent être associés aux molécules de 1re intention des épilepsies focales. Le rufinamide n'est indiqué en association que dans le syndrome de Lennox-Gastaut. Le felbamate est réservé aux spécialistes (toxicité médullaire et hépatique). La poursuite du stiripentol prescrit dans les syndromes de Dravet est possible à l'âge adulte.
5
Pharmacorésistance
Chez 20 à 30 % des patients épileptiques, les crises persistent malgré un traitement adapté à doses suffisantes. La pharmacorésistance est définie par l'échec de 2 molécules prescrites de manière séquentielle ou en association.
Exploration préchirurgicale proposée en cas d'épilepsie focale en lien avec un foyer épileptogène supposé unique.
Cas particuliers
Épilepsie et comorbidités cognitives et psychiatriques
Des difficultés cognitives subtiles peuvent être observées dès le début d'une épilepsie, quel que soit le syndrome et prendre la forme d'une plainte mnésique, de troubles de la concentration ou d'une lenteur de traitement de l'information. Un bilan neuropsychologique suivant les recommandations de la Ligue Internationale contre l'épilepsie est préconisé au moindre doute.
Les troubles mentaux augmentent le risque de développement d'une épilepsie et l'épilepsie augmente le risque de développement de troubles mentaux, dont certains sont spécifiques de l'épilepsie. Les épilepsies pharmacorésistantes sont les plus à risque : un patient sur deux développera un trouble dépressif au cours de sa vie, de présentation parfois atypique. Les antidépresseurs de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine peuvent être utilisés sans risque dans l'épilepsie. Des troubles psychotiques brefs (psychose post-ictale) peuvent suivre une salve de crise dans 5 % des épilepsies focales résistantes. Les troubles anxieux et les troubles addictifs sont surreprésentés. L'atteinte de l'estime de soi en rapport avec le diagnostic d'une maladie stigmatisante peut nécessiter une prise en charge psychothérapeutique.
Un trouble de l'humeur peut être observé dans une épilepsie débutante et être à l'origine d'une mauvaise tolérance des antiépileptiques.
Certains antiépileptiques sont stabilisateurs de l'humeur (valproate, carbamazépine, lamotrigine), d'autres peuvent induire des troubles du comportement ou de l'humeur (lévétiracétam, perampanel, topiramate, zonisamide).
Grossesse et désir de grossesse
Épilepsie et femme en âge de procréer/grossesse
Contraception : tous les antiépileptiques inducteurs enzymatiques inactivent la contraception estroprogestative.
Grossesse : chez la femme en âge de procréer, la grossesse doit être abordée à l'occasion de chaque consultation et planifiée, pour adapter le traitement (ANSM, juin 2021) et organiser précocement la surveillance avec l'obstétricien et le médecin traitant.
Le traitement antiépileptique doit être poursuivi au cours de la grossesse, car d'une part, les crises principalement tonicocloniques et les états de mal sont délétères pour la mère et le fœtus, d'autre part, un arrêt intempestif du traitement expose à un risque de récidive des crises ou d'états de mal.
Les risques liés à l'exposition fœtale aux anti-épileptiques sont malformatifs et neurodéveloppementaux. Ils varient selon la molécule et sont dose-dépendants. Une information détaillée doit être fournie à la patiente et un avis spécialisé (neurologue compétent en épileptologie) est requis.
Risque de malformations : l'analyse des données (ANSM, avril 2019) confirme que le valproate est l'antiépileptique le plus à risque de malformations et que 5 autres substances ont à ce jour un risque de malformation élevé par rapport à la fréquence observée dans la population générale : le topiramate, le phénobarbital, la primidone, la carbamazépine et la (fos)phénytoïne. L'absence d'augmentation de la fréquence des malformations pour la lamotrigine et le lévétiracétam est démontrée.
Risque neuro-développemental : le risque de troubles neuro-développementaux lié à la prise de valproate au cours de la grossesse est avéré. Pour les autres molécules, il est conseillé de consulter le site www.lecrat.org régulièrement mis à jour ou les centres de pharmacovigilance.
L'acide valproïque entraîne des malformations (tube neural, face, cœur) dans 10 % des cas et/ou de troubles neuro-développementaux (30-40 %), incluant des troubles du spectre autistique (ANSM, 2016). Il est contre-indiqué chez les femmes enceintes, ainsi que chez les filles, adolescentes et femmes en âge de procréer, sauf en cas exceptionnel d'inefficacité ou d'intolérance aux alternatives (ANSM, juillet 2018) et ne peut plus être prescrit en 1re intention. Sa prescription est très codifiée : information complète de la patiente sur les risques, réévaluation annuelle de l'intérêt du traitement, test de grossesse, contraception efficace, signature annuelle de l'accord de soins. Une supplémentation en acide folique (0,4 mg/j ou 5 mg/j) est toujours recommandée 1 mois avant la conception jusqu'au 3e mois.
Surveillance du traitement pendant la grossesse : certains antiépileptiques (lamotrigine, lévétiracétam) voient leur taux sanguin diminuer après le 6e mois et nécessitent d'être monitorés pour ajuster la posologie.
Tous les professionnels de santé participant aux soins (obstétricien, médecin traitant, pédiatre) doivent être destinataires des courriers émanant du neurologue pour délivrer une information non contradictoire à la patiente.
Allaitement : la plupart des antiépileptiques prescrits pendant la grossesse passent dans le lait et il n'y a pas de consensus sur la conduite pratique. Les décisions sont prises au cas par cas.
Sujet âgé
Épilepsie et sujet âgé
L'incidence des épilepsies augmente avec l'âge et atteint 160/100 000 par an après 80 ans dans une étude réalisée à Rotterdam. Les causes sont vasculaires dans la moitié des cas (séquelle d'AVC ischémique cortical ou hémorragique) et en rapport avec une démence dans 15 % des cas. Les anomalies paroxystiques sur l'EEG sont moins fréquemment observées que chez le sujet plus jeune et l'interprétation des IRM cérébrales nécessite une approche rigoureuse des corrélations clinico-radiologiques.
Les crises focales avec altération de la conscience sont souvent de diagnostic difficile chez le sujet âgé et les causes de malaises nombreuses. Il faut penser à l'épilepsie chaque fois que des épisodes cliniques stéréotypés se répètent, quelle que soit leur présentation.
Le problème principal est celui de la mauvaise tolérance des traitements du fait des comorbidités, des traitements associés et de l'altération des paramètres pharmacocinétiques liée à l'âge. Une attention particulière doit être accordée aux interactions médicamenteuses.
La lamotrigine et le lévétiracétam sont les molécules de 1re intention chez le sujet âgé.
Épilepsie et troubles cognitifs
Les troubles cognitifs (troubles mnésiques, attentionnels, des fonctions exécutives, du langage) peuvent être associés à tous les types d'épilepsie, mais ils sont sous-diagnostiqués. En cas de suspicion de troubles cognitifs, un bilan neuropsychologique est indiqué avant traitement.
Épilepsie et AVC
Il n'est pas recommandé de mettre en place un traitement antiépileptique en prévention primaire après un AVC en l'absence de crise. Une crise survenant dans les 7 jours qui suivent un AVC est symptomatique de celui-ci et un traitement au long cours n'est donc pas indiqué. Après 7  jours, la crise s'inscrit dans le cadre d'une épilepsie vasculaire et un traitement prolongé peut être indiqué.
Transition enfant-adulte
L'arrêt de la prise en charge pédiatrique pour une épilepsie qui débute dans l'enfance ou l'adolescence est parfois problématique. Une consultation conjointe avec le pédiatre et l'épileptologue adulte qui va prendre le relais est préconisée en cas de risque de rupture du parcours de soins.
Suivi et adaptation du traitement
Traitement de la crise épileptique
Les premières mesures à prendre sont des mesures de protection du patient. Lire Crise convulsive de l'adulte.
Suivi du patient
Une consultation annuelle est généralement programmée, en cas d'épilepsie en rémission, sinon des consultations rapprochées sont nécessaires tant que les crises persistent.
Une consultation (en présentiel ou en distanciel) est également utile dans le mois qui suit la prescription d'une nouvelle molécule, pour en vérifier la tolérance et l'efficacité.
L'EEG est utile initialement pour établir le diagnostic syndromique, en cas de perspective d'arrêt du traitement ou de récidive mal comprise des crises. En dehors de ces cas, l'EEG ne doit pas être réalisé à chaque consultation car iI n'y a pas de parallélisme entre les activités paroxystiques et le pronostic ou la prise en charge.
Parmi les médicaments antiépileptiques, ceux dont le taux thérapeutique est proche du taux toxique (carbamazépine, phénytoïne) doivent être dosés. En début de grossesse, la lamotrigine, l'oxcarbazépine et le lévétiracétam doivent également être dosés pour disposer d'un taux de base et ajuster le traitement si le taux diminue au cours de la grossesse.
Les formes à libération prolongée (LP) des médicaments ont supplanté les formes à libération immédiate.
Il faut veiller à anticiper les interactions médicamenteuses potentielles à l'occasion de toute prescription d'anti-épileptique :
les antiépileptiques inducteurs enzymatiques réduisent les taux sanguins de tous les médicaments associés dont le métabolisme est hépatique et médié par le CYP450 dont les contraceptifs oraux ;
à l'inverse, les traitements concomitants inducteurs réduisent les taux sanguins des antiépileptiques dont le métabolisme est hépatique, donc leur efficacité ;
chez le sujet âgé polymédicamenté, l'analyse sera faite au cas par cas car il faut être prudent chez les patients sous antivitamines K et sous statines ;
des effets indésirables peuvent être majorés en cas de prise concomitante d'antidépresseurs ou d'antipsychotiques.
La suite de cette rubrique est réservée aux professionnels de santé libéraux et pharmaciens d'officine exerçant en France (en activité, étudiants ou retraités), et disposant d'un compte valide.

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